
Longtemps considéré comme un sésame pour développer la fréquentation touristique et financer la préservation du patrimoine, le classement au patrimoine mondial de l’Unesco fait aujourd’hui l’objet de critiques croissantes. Plusieurs sites estiment que cette reconnaissance alimente désormais le surtourisme, la gentrification et la transformation de lieux de vie en « musées à ciel ouvert« . Le phénomène est particulièrement visible dans des sites habités, où l’afflux de visiteurs fait grimper les prix de l’immobilier, modifie le tissu commercial et complique le quotidien des résidents. Des chercheurs parlent désormais de « muséification« , une évolution qui transforme progressivement des quartiers vivants en décors destinés aux touristes. Face à ces dérives, certains territoires souhaitent aller jusqu’à renoncer au prestigieux label. C’est le cas notamment du village slovaque de Vlkolínec ou de la zone de conservation du Ngorongoro, en Tanzanie, qui demandent leur retrait de la liste du patrimoine mondial. Une requête qui sera examinée lors d’une prochaine session du Comité du patrimoine mondial de l’Unesco. Depuis la création du classement, seuls trois sites ont été retirés de la liste : le sanctuaire de l’oryx arabe à Oman, la vallée de l’Elbe à Dresde et le front de mer marchand de Liverpool. Mais ils n’en avaient pas fait la demande.
LG
