
L’État belge n’est pas « une agence de voyages »

Face aux critiques sur les conditions de rapatriement depuis les Émirats arabes unis, le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a rappelé que « la vocation du gouvernement belge n’est pas de se substituer à une agence de voyages, mais de pouvoir sauver des vies en mettant les gens dans un endroit sûr ». Bruxelles va organiser l’évacuation de ses ressortissants via des vols affrétés depuis Oman, les voyageurs étant acheminés en bus depuis Dubaï en raison des restrictions de l’espace aérien régional. Certains expatriés ont dénoncé un dispositif jugé éprouvant et coûteux, le billet étant facturé environ 600 euros. Le gouvernement belge souligne que ce tarif correspond à la moitié d’un billet commercial et qu’il est comparable à ceux appliqués par d’autres pays européens. Et le tout, sans frais de services.
LG
Entre bombes et fiscalité, l’étrange ballet des jets vers Dubaï

Des résidents fortunés de Dubaï bloqués à l’étranger en raison de la guerre en Iran cherchent à rentrer d’urgence dans l’émirat afin d’éviter des conséquences fiscales potentiellement lourdes. Selon plusieurs avocats et acteurs du secteur du voyage, certains envisagent même de louer des jets privés pour rejoindre la région et conserver leur statut fiscal avantageux aux Emirats arabes unis, où les particuliers ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu. La résidence fiscale émirienne exige généralement 183 jours de présence sur douze mois, ou au moins 90 jours pour certains détenteurs de visa. La guerre perturbe la mobilité d’une population habituée à circuler librement entre plusieurs pays. Les cabinets d’avocats basés à Dubaï, comme Taylor Wessing ou Withers, confirment recevoir des consultations discrètes sur les conséquences d’un séjour prolongé à l’étranger. Le risque est double : ne pas atteindre le seuil requis pour la résidence fiscale aux Émirats et, à l’inverse, passer trop de temps à l’étranger et y devenir imposable. D’après Charles Robinson, fondateur de la plateforme de location de jets privés EnterJet, plusieurs demandes de vols ont été enregistrées de la part de personnes devant compléter le nombre minimal de jours passés dans l’émirat pour préserver leur résidence fiscale. Dans certains cas, le coût d’un jet privé reste inférieur à la facture fiscale encourue en cas de perte de ce statut. L’appât du gain rend courageux.
NB
Voyage : les assurances débordées d’appels, mais la guerre reste exclue des contrats

Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient samedi, les assureurs constatent une hausse des demandes de voyageurs français bloqués dans les pays du Golfe. Mondial Assistance évoque une hausse d’environ 20% des appels, tandis que Mutuaide indique avoir reçu trois fois plus de sollicitations que d’habitude dimanche, essentiellement de la part de clients inquiets ou confrontés à des perturbations de transport. Les assureurs peuvent toutefois surtout informer et orienter leurs clients. Les assurances voyage excluent en effet presque systématiquement les risques liés aux conflits armés, conformément au Code des assurances. Dans ces situations, les opérations de rapatriement relèvent principalement des autorités publiques et des dispositifs consulaires. « Les conflits armés, les guerres sont exclues de base de la quasi-totalité des contrats d’assurance, confirme le directeur général de France Assureurs, Paul Esmein. C’est pour protéger le système (…) pour éviter qu’il y ait des risques de nature systémique qui fragilisent le système et qui empêchent finalement les assureurs de fonctionner. » Leur métier est « d’indemniser les sinistres courants », explique-t-il. On les félicite de savoir si bien se prémunir. Un travail de professionnels.
LG
Iata : une fraude mondiale vise les agences de voyages

La World travel agents associations alliance (WTAAA) met en garde les agences de voyages contre une fraude sophistiquée exploitant des numéros d’accréditation Iata. Le stratagème consiste à utiliser ces identifiants, sans autorisation, pour obtenir l’accès NDC des compagnies aériennes et émettre ensuite des billets frauduleux. Plusieurs incidents confirmés ont été signalés dans le monde, notamment en Amérique du Nord et du Sud, tandis que d’autres tentatives ont été détectées ailleurs. Les fraudeurs utilisent des domaines de messagerie falsifiés, très proches de ceux d’agences légitimes, afin de demander un accès aux plateformes NDC ou aux portails agents des compagnies. En présentant un numéro d’accréditation Iata valide et une identité crédible mais usurpée, ils parviennent parfois à obtenir l’autorisation d’émettre des billets à l’insu des agences concernées. Une fois l’accès obtenu, les billets sont émis en série à l’aide de cartes de crédit volées. Les agences légitimes découvrent généralement la fraude lors des notifications de rejet de paiement, lorsque les montants sont déjà conséquents. Dans un cas confirmé, les émissions frauduleuses ont dépassé 350.000 dollars. Prudence donc : dans l’écosystème NDC, tout le monde n’est pas toujours celui qu’il prétend être.
NB
Moyen-Orient : les billets d’avion flambent pour quitter la région

Le prix des vols entre l’Europe et l’Asie a fortement augmenté depuis la fermeture des principaux aéroports du Moyen-Orient, qui a entraîné l’annulation de milliers de liaisons. Les passagers bloqués qui tentent de modifier leur itinéraire ou de changer de compagnie se heurtent à une forte hausse des tarifs et à une offre limitée. L’analyste Michelle Wiese Bockmann affirme que certaines compagnies aériennes « profitent de la situation » des voyageurs cherchant à rentrer chez eux, évoquant des billets proposés entre 2.400 et 3.600 € pour rejoindre Londres. Du côté des jets privés, les prix flambent encore davantage : un siège sur un vol Oman-Milan a été facturé 20.000 livres (environ 23.500 €), tandis qu’un charter Oman-Paris atteignait 215.000 € pour 13 passagers, près du double du tarif habituel. La plateforme EnterJet indique que ses réservations ont bondi de 40% depuis samedi. Mascate est devenu un point de départ clé pour les voyageurs quittant les Émirats arabes unis, certains parcourant jusqu’à dix heures de route vers Riyad pour trouver un vol. Les opérateurs de jets privés multiplient les rotations, mais préviennent que la demande dépasse largement les capacités. À Mascate, hôtels et routes se remplissent de résidents de Dubaï ayant franchi la frontière pour tenter de quitter la région, parfois au volant d’une Ferrari. La misère, c’est tout de même mieux quand on est riche.
NB
Golfe : MSC lance des opérations de rapatriement

La fermeture du détroit d’Ormuz perturbe le secteur des croisières. Six navires transportant des milliers de passagers se retrouvent immobilisés dans les ports de Dubaï, d’Abu Dhabi et de Doha, incapables de poursuivre leur itinéraire. Parmi eux figurent des paquebots de MSC Croisières, Celestyal Cruises, TUI Cruises ou encore Aroya. Le MSC Euribia, l’un des plus grands navires présents dans la région, peut accueillir de 6.000 passagers à bord. L’armateur a programmé cinq charters qui doivent rapatrier 1.000 clients d’ici samedi. Face à la situation, les compagnies ont été contraintes de revoir leurs programmes. MSC a ainsi annoncé l’annulation de plusieurs départs prévus en mars depuis Dubaï, Doha et Abu Dhabi. Celestyal Cruises, dont deux navires opèrent dans la région, a également suspendu plusieurs croisières. L’un de ses bateaux reste immobilisé à Doha, tandis qu’un autre demeure à quai à Dubaï dans l’attente d’une autorisation de débarquement des passagers. À bord des navires immobilisés, les compagnies tentent de maintenir un fonctionnement normal afin de rassurer les passagers. « La situation à bord reste calme. Les passagers ont accès à tous les services et installations« , assure ainsi MSC, qui indique suivre de près les consignes des autorités régionales. Dans le Golfe, la croisière s’amuse un peu moins – et ce mauvais jeu de mots n’a rien d’amusant.
LG
J’aime / Je n’aime pas… par Michel Salaün

On ne présente pas Michel Salaün, fils et petit-fils de ces Bretons irréductibles, fondateurs de l’entreprise éponyme. L’épidémie et surtout la guerre en Ukraine ont failli éliminer ce personnage truculent que l’on aime… ou que l’on déteste. Certains de ses confrères l’auraient bien « laissé crever » (sic). Michel Salaün, sous son air débonnaire, a oublié d’être un imbécile. Après trois ans de discrétion, le groupe Salaün retrouve sa vigueur et son patron s’exprime. Enfin…
J’aime👍
« Les autocars de grand tourisme
Cela n’a échappé à personne : les autocars sont une de mes grandes passions. C’est aussi mon premier métier et, encore aujourd’hui, je ne me lasse pas d’en admirer certains, que je sois en France, en Europe, en Asie, en Amérique du Sud ou en Amérique du Nord…
Mon métier de tour-opérateur
Voyager et faire voyager les gens : difficile de rêver mieux. C’est un métier que j’exerce avec passion et dont j’aurai beaucoup de mal à décrocher, même si, un jour, il faudra bien que je me fasse une raison.
Les défis
J’aime me lancer dans des projets un peu fous, parfois jugés inattendus — voire impossibles — comme le voyage du siècle Brest–Vladivostok en autocar, ou celui que je projette actuellement : un Paris–Dakar… toujours en autocar.
Et quand on me dit que c’est compliqué ou irréalisable, j’ai encore plus envie de le faire : là où certains voient des problèmes, moi je vois surtout des opportunités. Question de perspective.
Les bonnes tables
Si, au quotidien, il m’arrive souvent d’expédier le déjeuner — ou même de le zapper — j’apprécie en revanche les longs et bons dîners partagés en famille, entre amis ou entre collègues.
Et s’il y a des langoustines au menu… alors là, je signe tout de suite !
Tintin
Entre maquettes, statuettes et affiches, mon bureau ressemble de plus en plus à un musée consacré aux aventures de Tintin. C’est un univers que j’adore, une véritable madeleine de Proust, qui me fait voyager partout dans le monde. »
Je n’aime pas👎
« Tout ce qui freine les déplacements et la liberté de voyager
Le covid et ses confinements, les conflits géopolitiques, les tempêtes climatiques, les grèves… Bref, tout ce qui nous cloue au sol. La vie est trop courte pour être condamné à l’immobilisme !
La routine
Je passe plus de la moitié de l’année à l’étranger pour rencontrer nos partenaires et visiter les hôtels. Le jetlag ? Aucun problème.
En revanche, ce qui me fatigue vraiment — et me déprime — c’est la routine… et la pluie ! Autant dire que, si j’aime beaucoup le beau Finistère, je regarde souvent ailleurs.
Attendre
Je suis d’un naturel impatient, et mes collaborateurs ne diront sûrement pas le contraire. Quand je pose une question, j’aime avoir une réponse rapide — et je m’applique la même règle.
Alors évidemment, dans le monde du tourisme, ce qui m’agace le plus, ce sont les files d’attente et les formalités interminables dans les aéroports. Heureusement, les salons et les coupe-files existent.
Le politiquement correct et certaines conventions sociales
J’avoue apprécier les gens qui ont une petite pointe d’impertinence. Mes propres propos sont souvent à prendre au second degré : j’aime provoquer, bousculer un peu, faire réagir… toujours avec humour et sans méchanceté, évidemment. »
OD
La guerre en Iran plane sur l’ITB

Au salon du tourisme ITB de Berlin, la guerre au Moyen-Orient se fait sentir jusque dans les allées du hall 6.2, habituellement consacré aux destinations de la région. Plusieurs stands fonctionnent au ralenti ou sont tout simplement absents. L’équipe de Dubaï n’a pas pu faire le déplacement en raison des fermetures de l’espace aérien, a indiqué Emirates, laissant son vaste stand de deux étages tourner avec un effectif réduit. La Jordanie a renoncé à participer cette année et Israël a annulé sa venue à la dernière minute, laissant son espace désert. Quant au stand iranien, il a été remplacé par une exposition photographique consacrée aux « 60 ans d’ITB ». Parmi les rares représentants de la région présents figure Ruba Mousa, de la compagnie syrienne Fly Cham, qui constate un net recul des réservations : alors que le tourisme en Syrie semblait repartir, la situation est de nouveau « catastrophique« , avec de nombreux voyages reportés ou annulés. Ailleurs dans le salon, l’ambiance reste plus légère. Sur le stand de la Vénétie, on prépare un risotto dans une atmosphère joyeuse. « C’est un incontournable pour de nombreux visiteurs depuis des années », explique Matteo Azzali, représentant de la région à l’ITB, en évoquant le risotto. La file d’attente est particulièrement longue : les visiteurs du salon patientent jusqu’à l’entrée du hall pour en déguster une portion. Jean qui pleure et Jean qui rit.
NB
Drôle d’époque
Un message publié cette semaine sur le compte X de l’aéroport de Tampa en Floride affirmait « qu’après avoir réussi à bannir les Crocs » de l’aéroport de Tampa, il était temps de bannir les pyjamas. « Nous savons que cette décision peut déranger certains » mais « aidez-nous à faire de de Tampa le premier aéroport du monde sans Crocs et sans pyjamas ». Face à l’émoi provoqué par ce message, l’aéroport a dû expliquer qu’il s’agissait d’une blague. La tenue vestimentaire des voyageurs est devenue un sujet de conversation récurrent depuis le lancement à l’automne dernier de la nouvelle campagne du ministère américain des Transports intitulée L’âge d’or du voyage. Parmi ses suggestions, le ministère recommande notamment de « s’habiller avec élégance » quand on va à l’aéroport. A quand un physionomiste devant les portes d’embarquement ?
LG
