
Depuis le début des bombardements américains et israéliens en Iran, il y a deux semaines, des dizaines de milliers d’habitants et de touristes ont quitté les Émirats arabes unis, laissant Dubaï inhabituellement désertée. Bars de plage, centres commerciaux et hôtels de luxe tournent au ralenti, tandis que l’inquiétude gagne une ville longtemps présentée comme un refuge du consumérisme et de la prospérité. Pour certains résidents, comme John Trudinger, expatrié britannique installé depuis seize ans, « l’éclat a définitivement disparu ». Les frappes ont également touché des sites emblématiques, comme l’hôtel Fairmont sur Palm Jumeirah. Zain Anwar, un chauffeur de taxi pakistanais qui a vu sa voiture détruite lors du bombardement de l’hôtel, raconte qu’il ne veut plus rester à Dubaï : « Il n’y a plus d’activité, nous ne gagnons rien depuis cette guerre, et je ne vois pas le tourisme revenir. Tout le monde sait que Dubaï est fini. » La perspective d’un conflit prolongé inquiète particulièrement une économie locale très dépendante du tourisme, qui génère environ 30 milliards de dollars par an. Contrairement aux autres émirats du Golfe, Dubaï ne dispose pas d’importantes ressources pétrolières. Dubaï, dont plus de 90% des habitants sont étrangers et qui attire investisseurs et milliardaires grâce à sa fiscalité avantageuse, pourrait subir de lourdes pertes si la confiance des visiteurs et des investisseurs s’érode. Malgré tout, certains touristes restés sur place disent continuer à vivre presque normalement, profitant des plages et des hôtels. Comme ces Ukrainiens, fatalistes : « Nous sommes passés d’une zone de guerre à une autre, mais c’est la vie », confie l’un d’eux en sirotant un cocktail sur un transat.
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