
Il y a quelques années, on le voyait bien devenir patron d’Air France. Il aurait pu. Le parcours, le carnet d’adresses, la légitimité technique : tout y était. Mais c’est finalement vers le Pacifique que Lionel Guérin met le cap. Lundi dernier, le conseil d’administration d’Air Tahiti Nui l’a nommé directeur général. Un choix qui n’a rien d’anodin pour la compagnie emblématique du Fenua, véritable outil de souveraineté et colonne vertébrale du tourisme polynésien. Car Air Tahiti Nui n’est pas une compagnie comme les autres. Elle relie un territoire éclaté au reste du monde. Elle transporte des visiteurs, certes, mais aussi une identité, une économie, une fierté collective. Dans un environnement aérien devenu brutalement concurrentiel, la Polynésie avait besoin d’un pilote expérimenté. Et pilote, Lionel Guérin en a été un vrai. Ingénieur, commandant de bord, instructeur chez Air France, il a aussi et surtout été entrepreneur. Fondateur d’Airlinair, de Transavia France, de HOP!, puis directeur général adjoint d’Air France, il s’est forgé une réputation de bâtisseur et de redresseur. Il connaît les transformations complexes, les environnements sous tension, les trajectoires à remettre sur des rails solides. Son arrivée à la tête d’Air Tahiti Nui marque l’ouverture d’une nouvelle phase : performance durable, gouvernance exigeante, mobilisation collective. Les mots sont pesés. L’objectif est clair : consolider la compagnie tout en respectant son identité polynésienne. Le lien n’est d’ailleurs pas seulement stratégique, il est aussi personnel. Marié à une Polynésienne, père d’une fille scolarisée sur place, Lionel Guérin connaît la culture du territoire. Il n’arrive pas en conquérant, mais en passeur. Air Tahiti Nui change de capitaine. Pas pour changer d’âme. Pour continuer à voler plus loin. Chez BTN, nous avons cependant une question existentielle : Lionel Guérin sera-t-il accompagné en Polynésie par son perroquet ?
OD








