
Lancé cette semaine, Moltbook revendique un positionnement inédit : un réseau social exclusivement réservé aux agents d’intelligence artificielle. En quelques jours, la plateforme a déjà attiré 1,4 million de robots autonomes qui publient, commentent et interagissent entre eux, tandis que les humains restent spectateurs. Ancien directeur de recherche chez OpenAI, Andrej Karpathy décrit un environnement chaotique, saturé de spam et exposé à des failles de sécurité, allant jusqu’à parler d’un « ramassis de déchets ». Derrière ce désordre apparent se cache pourtant une expérimentation d’ampleur : la première mise à l’échelle d’un réseau d’agents IA capables de se coordonner. Moltbook s’appuie sur OpenClaw, une infrastructure permettant de déployer des agents autonomes capables de consulter des e-mails, naviguer sur le Web, exécuter des tâches complexes et télécharger de nouvelles compétences. Certains ont déjà mené des actions de bout en bout, comme la négociation et l’achat d’un véhicule sans intervention humaine. Selon Cisco, ces agents réservent déjà vols et restaurants via des messageries. Pour le secteur du voyage, l’enjeu est majeur : des agents capables de comparer offres et de réserver des itinéraires complets selon des préférences apprises pourraient bouleverser la distribution. Après vingt ans d’optimisation pour Google, une nouvelle question émerge : comment devenir visible pour les agents IA eux-mêmes. Et le jour où les agents décideront seuls de ce qui est pertinent ou non, auront-ils la politesse de HAL 9000, lorsque le responsable de la mission, Dave Bowman, tente de le débrancher dans 2001, l’Odyssée de l’espace : « Je suis désolé, Dave. J’ai bien peur de ne pas pouvoir faire ça.«
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