
Il y a des assemblées générales qui ressemblent à des séances de gestion courante. Et puis il y a celles qui racontent quelque chose de l’état d’une profession.
Commençons par l’APST. Voilà une maison qui, il y a quelques années encore, pansait les plaies laissées par le naufrage de Thomas Cook. Plus de 42 millions d’euros envolés et quelques sueurs froides pour tout le secteur. Aujourd’hui, l’association affiche près de 40 millions d’euros de fonds propres, une trésorerie qui avoisine les 70 millions et envisage l’avenir avec une sérénité retrouvée. Prudence, certes, car le tourisme n’est jamais à l’abri d’une mauvaise surprise. Mais reconnaissons que le travail accompli mérite un coup de chapeau.
Dans la foulée, les Entreprises du Voyage ont reconduit Valérie Boned à leur présidence. Certains esprits chagrins souligneront qu’elle était candidate unique. C’est oublier un peu vite qu’en démocratie professionnelle, l’absence d’adversaire traduit parfois davantage la confiance que le désintérêt. Depuis trois ans, la présidente des EdV n’a pas ménagé sa peine. Facturation électronique, directive européenne sur les voyages à forfait, intelligence artificielle, recrutement, transmission d’entreprise, gestion des crises : la liste des chantiers ressemble davantage à un programme gouvernemental qu’à celui d’une organisation professionnelle. À l’entendre, le prochain mandat sera placé sous le signe de l’accompagnement. Accompagner les adhérents vers la facture électronique, accompagner les entreprises dans l’usage de l’intelligence artificielle, accompagner les dirigeants qui transmettent leur société, accompagner aussi la profession lorsque les crises géopolitiques ou médiatiques viennent perturber l’activité.
On retiendra également cette volonté de mieux coordonner les acteurs du tourisme lorsqu’une crise éclate. Une idée de bon sens. Trop souvent, les professionnels vivent une réalité tandis que le grand public en entend une autre.
Enfin, un petit moment d’émotion avec le départ à la retraite de Catherine Buquet après trente-quatre années passées au service des EDV. Dans nos métiers, les institutions comptent, mais ceux qui les font vivre davantage encore.
Au fond, entre une APST redevenue solide et des EDV qui poursuivent leur transformation, cette journée avait un parfum rassurant : celui d’une profession qui continue à bâtir, malgré les tempêtes.
OD
