
Les objectifs de neutralité carbone fixés par l’industrie aérienne pour 2050 semblent de plus en plus difficiles à atteindre. Lors du sommet de Rio, Willie Walsh, directeur général de Iata, a reconnu que « l’espoir s’amenuise rapidement » et qu’un nouveau calendrier plus réaliste pourrait être nécessaire. Adopté en 2021 par les compagnies aériennes mondiales, cet engagement repose en grande partie sur le développement des carburants d’aviation durables (SAF) et sur le mécanisme international de compensation des émissions Corsia, placé sous l’égide de l’ONU. Selon Willie Walsh, ces deux piliers accusent un retard important. Le programme Corsia serait affaibli par le manque d’engagement des gouvernements, tandis que la production mondiale de SAF ne devrait atteindre que 2,4 millions de tonnes cette année, soit 0,8% des besoins du secteur. Or, ces carburants sont censés représenter près des deux tiers des réductions d’émissions nécessaires d’ici 2050. L’objectif intermédiaire d’une baisse de 5% des émissions grâce aux SAF d’ici 2030 paraît désormais hors de portée. Sans abandonner officiellement l’échéance de 2050, Iata estime qu’un report pourrait s’imposer afin de tenir compte des réalités industrielles, énergétiques et technologiques du secteur.
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