
Les sanctions occidentales visant à paralyser l’aviation russe n’ont, pour l’instant, pas produit les effets escomptés. Malgré les restrictions imposées par les États-Unis, l’Union européenne et le Royaume-Uni sur les pièces détachées et la maintenance, les compagnies russes exploitent encore massivement leurs Airbus et Boeing. Le nombre d’appareils occidentaux en service est resté relativement stable depuis 2023 et le trafic aérien a quasiment retrouvé son niveau d’avant-guerre. Porté par un marché intérieur dynamique et des subventions publiques, le secteur aérien russe aurait dépassé les 30 milliards de dollars de valeur en 2025, selon GlobalData. Les compagnies ont proposé plus de 122 millions de sièges réguliers, soit un volume proche de celui de 2021. Aeroflot a même enregistré un chiffre d’affaires record de 902,3 milliards de roubles (11 milliards d’euros). Cette résilience repose notamment sur des circuits d’approvisionnement de pièces détachées parallèles, qui transiteraient via l’Inde, la Turquie, les Émirats arabes unis ou le Kazakhstan. Certaines ont pu être retracées depuis des fournisseurs occidentaux jusqu’à des compagnies russes via des intermédiaires. Une société indienne aurait ainsi revendu à Rossiya Airlines deux moteurs CFM achetés au Canada malgré des clauses interdisant leur réexportation vers la Russie. Pour plusieurs experts, Moscou exploite efficacement les failles du dispositif de sanctions grâce à des réseaux de sociétés intermédiaires et à ses relations avec des pays non alignés.
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