
Après Spirit, à qui le tour ? La compagnie américaine a cessé ses opérations samedi 2 mai, avant que la justice n’autorise, le 5 mai, la liquidation de ses actifs. Un premier gros signal d’alerte pour le secteur aérien, fragilisé par la flambée du kérosène. Car si la hausse des prix du carburant devait durer, d’autres opérateurs pourraient vaciller. « La dynamique actuelle pourrait accélérer la consolidation du secteur et potentiellement entraîner des faillites parmi les opérateurs les plus vulnérables », prévient Dan Taylor, expert aérien chez IBA. Depuis les tensions autour du détroit d’Ormuz, le kérosène s’est installé à des niveaux très élevés. « Il y a un mois, on pouvait encore parier sur une hausse temporaire. On entre désormais dans une période où le kérosène va rester durablement cher. Plusieurs acteurs ne pourront pas tenir très longtemps : certains fermeront, d’autres seront rachetés », estime Tristan Thiebaut, expert aérien chez Archery Strategy Consulting. Même son de cloche chez Delta Air Lines. Son patron, Ed Bastian, anticipe une nouvelle phase de rationalisation du marché, sous la pression du carburant. Les compagnies tentent déjà de limiter la casse en relevant les tarifs, en réduisant certaines capacités et en révisant leurs objectifs financiers. Mais pour les plus fragiles, l’atterrissage pourrait être brutal.
LG
