
L’Arabie saoudite a lancé ce mercredi Riyadh Air, sa nouvelle compagnie nationale destinée à concurrencer les géants du Golfe, après plus d’un an de retards liés aux difficultés de Boeing. Le premier vol, reliant Ryad à Londres-Heathrow, a décollé de l’aéroport international King Khalid à 2h35 mercredi. La compagnie, détenue par le PIF, richissime fonds souverain du royaume et dont le lancement avait été annoncé en mars 2023, constitue l’un des projets phares de Vision 2030, l’ambitieux programme de réformes du prince héritier Mohammed ben Salmane, visant à diversifier l’économie saoudienne. La monarchie pétrolière espère faire de la capitale saoudienne un nouveau hub mondial du transport aérien, capable de rivaliser avec Dubaï, Doha ou Abou Dhabi et les géants régionaux Emirates, Qatar Airways et Etihad, dont Tony Douglas, le DG de la compagnie, a été le patron de 2018 à 2022. « Notre ambition est de relier plus de 100 villes internationales au cours des cinq prochaines années », affirme-t-il, avec l’objectif de desservir 22 destinations dès mars 2027. Le contexte régional demeure une source d’incertitude mais l’heure est à la fête. Yasir Al-Rumayyan, le président de la compagnie, a qualifié l’événement de « moment historique pour la nation », assurant que la compagnie allait créer « 200.000 emplois directs et indirects ». Certains analystes mettent néanmoins en doute les ambitions de Riyadh Air, estimant que le marché régional est « saturé« . Ils oublient que les compagnies aériennes saoudiennes disposent d’un atout de taille face à leurs concurrentes du Golfe : un marché intérieur d’environ 35 millions d’habitants.
LG
