
Barcelone reste le premier port de croisière d’Europe avec près de 4 millions de passagers par an, dont 1,7 million en simple escale. La croissance du secteur devrait encore s’accélérer avec l’arrivée de nouveaux géants des mers capables d’embarquer 7.600 passagers et 2.000 membres d’équipage. Cette dynamique alimente toutefois un conflit ancien entre la municipalité et l’industrie de la croisière. La ville a déjà décidé de réduire le nombre de terminaux de 7 à 5, de doubler la taxe de séjour pour les passagers en transit et envisage désormais d’interdire les escales, en réservant l’accès aux seuls navires ayant Barcelone comme port d’embarquement ou de débarquement. Le maire Jaume Collboni estime que les croisiéristes en transit relèvent d’un tourisme de masse qui sollicite fortement l’espace public et les services municipaux sans générer suffisamment de retombées économiques. Une analyse contestée par les défenseurs du secteur. S’appuyant sur des études universitaires et portuaires, ils affirment que la croisière soutient 9.000 emplois, contribue à hauteur de 562 millions d’euros au PIB catalan et que chaque passager dépense en moyenne 230 euros par jour en ville. Ils soulignent également que la hausse de la taxe de séjour pourrait rapporter jusqu’à 26 millions d’euros par an aux finances locales. Entre critiques du surtourisme et arguments économiques, le débat reste ouvert.
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