
La guerre en Iran pèse lourdement sur le transport aérien au Moyen-Orient. Selon l’IATA, la demande de passagers dans la région a chuté de 46,6 % en avril, entraînant un recul mondial du trafic aérien de 3,4 %. Mesurée en passagers-kilomètres payants (PKP), la demande a particulièrement souffert de l’effondrement du trafic vers les Émirats arabes unis et d’autres destinations régionales. Sans l’impact du Moyen-Orient, le trafic mondial aurait au contraire progressé de 1,2 % sur un an. Pour Willie Walsh, directeur général de l’IATA, la baisse de la demande dans la région a été suffisamment importante pour faire basculer les statistiques mondiales dans le rouge. La situation est aggravée par l’envolée du prix du kérosène, qui a parfois plus que doublé en avril, accentuant la pression sur les coûts d’exploitation et sur les tarifs des billets. L’Europe résiste mieux à cette conjoncture. La demande y a progressé de 0,9 %, avec des taux de remplissage élevés, supérieurs à 85 %. Les liaisons directes entre l’Europe et l’Asie ont notamment bondi de 15,3 %, signe que de nombreux voyageurs privilégient désormais les vols sans escale plutôt que les correspondances via les hubs du Golfe. L’IATA estime néanmoins que la volatilité du marché devrait se poursuivre dans les prochains mois, alors que les compagnies réduisent leurs capacités face à la hausse des coûts et à la faiblesse de la demande.
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