
Le tourisme en Antarctique connaît une croissance spectaculaire, au point d’inquiéter scientifiques et écologistes. Si le continent reste difficile d’accès et coûteux, l’afflux de visiteurs augmente rapidement et fait craindre une multiplication des contaminations, maladies et atteintes à cet écosystème extrêmement fragile. L’épidémie mortelle d’hantavirus survenue à bord du navire de croisière hollandais MV Hondius a récemment ravivé les alertes. Parti d’Ushuaia le 1er avril, le bateau avait effectué une croisière polaire en Antarctique avant de remonter vers l’Afrique. À la suite de quoi, l’Association internationale des voyagistes de l’Antarctique a renforcé les règles sanitaires et les consignes de conduite imposées aux touristes. Les visiteurs doivent notamment éviter tout contact avec la faune et ne rien toucher avec les mains afin de limiter l’introduction d’espèces invasives ou de micro-organismes. Mais l’afflux de touristes reste préoccupant. En 2024, plus de 80.000 visiteurs ont débarqué sur le continent blanc et 36.000 autres l’ont observé depuis leur navire de croisières. Selon les scientifiques, le tourisme antarctique a été multiplié par dix en trente ans. Avec l’arrivée de nouveaux navires polaires et les progrès technologiques, le nombre annuel de visiteurs pourrait dépasser 400.000 dans la prochaine décennie.
OD
