
L’Europe pourrait faire face à une pénurie de kérosène d’ici trois semaines si le détroit d’Ormuz ne rouvre pas pleinement. C’est l’alerte lancée par ACI Europe, qui représente les aéroports de l’UE, auprès du commissaire européen aux transports, Apostolos Tzitzikostas. L’organisation évoque des risques « systémiques » et appelle à une surveillance renforcée ainsi qu’à des mesures rapides de la part de Bruxelles. En cause : la dépendance du transport aérien européen à cette voie stratégique pour l’approvisionnement en carburant. Sans reprise « significative et stable » du trafic dans le détroit, les tensions pourraient rapidement se traduire par des ruptures d’approvisionnement. Face à la flambée des prix du kérosène, plusieurs compagnies aériennes ont déjà ajusté leur offre. Delta Air Lines a annoncé une réduction de capacité de 3,5%, visant notamment les vols en semaine et de nuit. Air New Zealand a également réduit certaines fréquences, tandis que la compagnie polonaise Lot supprime des liaisons peu rentables et prévoit une hausse des tarifs. Les annonces politiques ne suffisent pas à rassurer les marchés. Même la perspective d’un cessez-le-feu de deux semaines évoquée par Donald Trump dans le conflit avec l’Iran n’a pas permis de faire baisser durablement les prix du pétrole. C’est dire.
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