Par les amygdales du grand caribou et tabernacle ! Il aura donc suffi d’une chanteuse et de quelques notes parfaitement tenues pour rappeler à tout le monde une évidence que certains s’acharnent à compliquer. Pendant qu’Atout France aligne stratégies, plans d’actions et concepts plus ou moins inspirés, voilà que Céline Dion débarque – ou plutôt s’apprête à débarquer – et remet les compteurs à zéro. La recette ? D’une simplicité presque vexante. Quelques concerts près de Paris, une poignée de refrains que la planète entière connaît par cœur, et soudain les avions se remplissent, les hôtels affichent complet, les restaurants ressortent leurs plus belles cartes. Le tourisme, finalement, ce n’est peut-être pas si compliqué. La région Île-de-France évoque, l’air de rien, entre 150 et 300 millions d’euros de retombées. Une paille. Accor, lui, voit ses réservations grimper de plus de 40%. Quant à KPMG, il pose tranquillement un chiffre qui ferait pâlir n’importe quel ministre : près de 2 milliards d’euros au total. À ce niveau-là, on ne parle plus d’événement culturel. On parle d’un levier économique. D’un raccourci presque indécent vers la croissance. Et forcément, une question s’invite, un peu gênante : à quoi bon tant d’efforts, tant de dispositifs, tant de réunions, si une seule voix suffit à faire mieux — et surtout plus vite ? La réponse n’est pas agréable, mais elle a le mérite d’être limpide : le désir ne se décrète pas. Il s’impose. Et parfois, il chante. Alors oui, il faudra sans doute supporter quelques envolées lyriques et des refrains qui collent à la peau. Mais à choisir entre quelques décibels et quelques milliards, le calcul est vite fait. Reste à savoir si, demain, on préférera continuer à réfléchir… ou simplement écouter.
OD
