
Il y avait le dernier des Mohicans… Pierre, Pedro Amalou était de ceux-là. Le dernier dinosaure du tourisme français, peut-être. De cette génération qui a tout vu naître, tout compris avant les autres, et souvent sans bruit.
Regard malicieux, sourire coquin, moustache vibrionnante… Pierre, c’était d’abord une présence. Une silhouette familière, presque rassurante, dans un secteur qui, lui, ne l’a jamais vraiment été.
Pedro avait compris très tôt que le tourisme ne serait pas qu’une affaire de brochures et de valises. Que ce métier, nouveau pour beaucoup, aurait besoin d’explications, de pédagogie, de vision. Il fallait informer, transmettre, structurer. Mais il savait aussi – et là encore, avant beaucoup – que ce monde devrait évoluer, se professionnaliser, apprendre à parler chiffres autant qu’envies d’ailleurs.
Il n’était pas un gestionnaire au sens strict, non. Ce n’était pas son rôle. Mais il aura été de ceux qui poussent, qui relient, qui déclenchent. Tour Hebdo, Performances Tourisme, Strategos, le Forum des Pionniers… et tant d’autres encore. Des lieux, des idées, des rencontres.
Conseiller spécial du Cediv, il avait aussi, il faut bien le dire, un talent rare : celui de séduire. Pas seulement par le verbe, mais par l’énergie. Il embarquait les gens. Il donnait envie de le suivre.
Un jour, il m’avait proposé de le rejoindre. J’y ai pensé, bien sûr. Et puis non. Parce qu’on ne travaille pas vraiment avec Pierre. On marche à côté, au mieux. Lui, commercial dans l’âme ; moi, simple journaleux. Deux trajectoires parallèles… qui se retrouvaient régulièrement.
Nous sommes restés amis. Vraiment. Même si, parfois, lorsque je sévissais chez Tourmag, il ne pouvait s’empêcher de décocher un commentaire un peu acide… toujours bien placé. Sous pseudo, évidemment : Pedro Maoula. C’était aussi ça, Pierre. Un mélange de franchise, de jeu, et de fidélité.
Et puis le temps passe. Trop vite, comme toujours.
Adieu, l’ami.
OD
