
L’Espagne avance sur une ligne de crête. Face à la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement reconnaît des effets potentiellement contradictoires pour le tourisme, secteur clé qui représente 12,3 % du PIB et a porté le pays à un record de 97 millions de visiteurs l’an dernier. « Il peut y avoir des facteurs positifs comme la réorientation de certains flux vers la Méditerranée occidentale », a souligné le ministre du Tourisme, Jordi Hereu. En clair : des voyageurs qui évitent le Proche-Orient pourraient privilégier l’Espagne, perçue comme une destination sûre. Le gouvernement observe déjà une hausse des réservations de dernière minute. Mais cet effet d’aubaine pourrait être contrebalancé par des risques bien réels. « Il y a aussi des menaces, notamment la hausse du coût de l’énergie qui se répercute sur le transport aérien », a prévenu le ministre. Dans un contexte de tensions sur les hydrocarbures, la flambée du kérosène pourrait peser sur les prix des billets et, à terme, sur la demande. L’inflation constitue un autre point de vigilance. Elle a atteint 3,3 % en mars, selon l’Institut national des statistiques, dans un pays où le coût de la vie est déjà au cœur des préoccupations. La Banque d’Espagne alerte d’ailleurs sur un possible « ralentissement significatif » de l’activité, malgré une croissance attendue à 2,3 % cette année. Il n’y a jamais lieu de se réjouir d’une guerre.
LG
