
Modestement, il affirme que son temps est passé. Pourtant, Michel Messager fait partie de cette génération qui a largement contribué au développement du secteur du tourisme en France. Et, avant de passer le flambeau à la jeune génération, il a fondé et présidé, durant douze ans, l’Association française des seniors du tourisme. Pour que l’on n’oublie pas…
J’aime👍
« J’aime la politique. Je l’ai toujours aimée, depuis mes études et mes premiers emplois. C’est un univers qui me passionne, parce que c’est là que se trouve le pouvoir et que se prennent les décisions qui font marcher le monde. Je parle évidemment de la vraie politique, même si, aujourd’hui, il y aurait beaucoup à dire…
J’aime écrire. J’y consacre désormais deux à trois heures par jour. C’est devenu une véritable passion.
J’aime l’espace, que j’ai découvert il y a une quinzaine d’années. On pense toujours aux fusées, mais rarement à tout ce qui gravite autour : les innovations, les technologies, les nouveaux métiers, jusqu’aux verres spécialement conçus pour boire du vin dans l’espace ! C’est un univers extraordinaire, dont on ne mesure pas toujours toutes les possibilités.
J’aime le Canada, où je mène une sorte de deuxième vie. C’est un pays formidable, même s’il ne s’y passe pas grand-chose ! Mais j’apprécie cet environnement et cette culture du travail. Là-bas, on n’aurait qu’un jour de vacances et cinq jours de chômage ! De quoi faire tomber raides quelques Français… De temps en temps, ce pays me fait beaucoup de bien.
J’aime créer et, surtout, donner leur chance aux jeunes. Au Tourisme Français, j’avais développé des produits destinés à renouveler notre clientèle. À l’APS, j’ai notamment supprimé les contre-garanties pour les jeunes entrepreneurs qui n’avaient, par définition, rien à apporter. J’ai également créé le Challenge du Nouvel Entrepreneur et une structure destinée aux jeunes professionnels.
Je reste convaincu qu’une profession qui ne se renouvelle pas est une profession condamnée à disparaître.
Enfin, j’aime que l’on conserve la mémoire de ceux qui ont contribué à faire avancer notre profession. C’est dans cet esprit que j’ai créé l’Association des Anciens. Ce n’est pas une question de reconnaissance personnelle, mais je n’aime pas que l’on oublie. »
Je n’aime pas👎
« Je n’aime ni le mensonge ni la trahison. Je crois que chacun a eu, au cours de sa vie, l’occasion d’y être confronté.
Je n’aime surtout pas ceux qui utilisent leur titre ou leurs fonctions pour faire des affaires personnelles. Lorsqu’on occupe une responsabilité au service de l’intérêt général, c’est précisément pour servir cet intérêt général, et non pour en tirer profit. Que ce soit en politique, dans les affaires ou ailleurs, je trouve ces dérives de plus en plus préoccupantes.
C’est peut-être mon passé gaulliste qui parle ! J’étais président des jeunes gaullistes à Nanterre en 1968. Nous étions trois ! Autant dire que le mouvement n’était pas particulièrement florissant. Mais cela amusait beaucoup les journalistes de l’époque, qui soulignaient qu’il existait même des gaullistes à Nanterre !
Pour moi, l’intérêt général est une valeur fondamentale, à laquelle on ne doit jamais toucher.
Je n’aime pas non plus ceux qui s’accrochent à leurs fonctions. Il faut savoir passer le flambeau. J’ai quitté l’APS à 60 ans, alors que mon conseil d’administration souhaitait que je reste. J’ai également quitté la présidence de l’Association des Anciens après douze années, parce qu’il était temps qu’un nouveau président apporte des idées nouvelles. Il faut savoir partir.
Enfin, je n’aime pas toujours mon propre caractère ! Je suis entier, parfois sans doute un peu trop. Mais personne ne pourra me reprocher d’avoir renié mes convictions par intérêt. Cela ne signifie pas que je ne puisse pas changer d’avis, mais jamais pour faire un coup ou gagner de l’argent.
J’ai des principes et j’essaie de m’y tenir. » OD
