
Milos, joyau volcanique des Cyclades, est aujourd’hui au cœur d’un bras de fer entre développement touristique et protection de l’environnement. Sur la spectaculaire plage de Sarakiniko, célèbre pour ses formations rocheuses blanches aux allures lunaires, un vaste complexe hôtelier de 171 suites avec piscines privées est en construction. La municipalité redoute une dégradation irréversible du littoral et a saisi le Conseil d’État grec pour contester la légalité du projet. Face à des soupçons de non-respect des normes environnementales, le ministère de l’Environnement a finalement ordonné l’arrêt immédiat des travaux et le réexamen des autorisations. Ce conflit illustre une tendance nationale. La Grèce connaît un essor touristique sans précédent, passée de 5,3 millions de visiteurs étrangers en 1980 à près de 37,6 millions l’an dernier. Cette explosion a entraîné un boom immobilier massif, avec un parc hôtelier multiplié par huit en quarante-cinq ans. Mais la contestation progresse. Plusieurs projets ont récemment été stoppés sur Serifos et Sifnos, tandis que les autorités dénoncent une prolifération de constructions illégales, particulièrement à Mykonos. Pour endiguer cette frénésie, le gouvernement prépare des plans d’urbanisme stricts, étendant fortement les zones protégées, notamment à Mykonos et Santorin, où l’activité de construction pourrait quasiment être gelée. Les promoteurs vont prendre froid sur les côtes grecques.
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