Lionel Jospin est mort à 88 ans. Dans Le Monde, on apprend que bien que né dans une famille huguenote, il n’a pas embrassé la foi protestante. Il a tout de même fait sa confirmation de baptême et sa première communion « pour avoir une montre », selon sa mère. Il a intégré les Eclaireurs unionistes de France, sous le nom de « Langue agile », où il a eu comme chef de patrouille Michel Rocard, « Hamster érudit ». Si Lionel Jospin a incarné le socialisme triomphant des années 1990, on retiendra aussi l’échec historique du 21 avril 2002, et ses conséquences… Il y avait aussi ses petites phrases. La plus célèbre reste « L’État ne peut pas tout« , prononcée en 1999 lors de l’affaire Michelin, et qui lui a longtemps coûté politiquement en donnant l’image d’un pouvoir impuissant. En 2002, « Mon projet n’est pas socialiste » a renforcé l’idée d’un candidat cherchant à dépasser le PS. « Oui à l’économie de marché, non à la société de marché » condense sa ligne sociale-démocrate : accepter l’économie de marché sans en faire un objectif total. D’autres formules, comme « droit d’inventaire » sur le bilan des années Mitterrand, ou « Je suis plutôt un homme de bilan qu’un homme de promesses », ont fixé son image d’homme sérieux, réformiste et austère. Bref, Lionel Jospin parlait peu, mais quand il parlait, il n’avait pas sa langue (agile) dans la poche.
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