
Outre la flambée du prix du pétrole, une autre inquiétude gagne le secteur aérien : une possible pénurie de carburant. Selon un rapport de la Deutsche Bank, certaines compagnies déjà fragilisées pourraient être contraintes de suspendre leurs activités. Si aucune immobilisation de flotte n’est encore signalée, la situation reste incertaine. Le blocage du détroit d’Ormuz prive les raffineries d’environ un cinquième de leur approvisionnement en brut, faisant peser un risque direct sur la production de kérosène. La durée de cette perturbation sera déterminante. Les experts évoquent un précédent en 2005, lorsque les ouragans Katrina et Rita avaient désorganisé l’industrie pétrolière nord-américaine, entraînant la faillite de Delta et Northwest. Aujourd’hui, les compagnies tentent d’amortir le choc en répercutant la hausse des coûts sur les billets, avec des augmentations d’environ 15% en Asie et en Inde. En Europe, certaines, comme Lufthansa, disposent de mécanismes de couverture, sans garantie d’approvisionnement réel. Parallèlement, la demande de billets reste soutenue, notamment en Europe, où les passagers évitent certaines zones. Mais ce dynamisme pourrait être temporaire : en période de conflit, le trafic aérien a historiquement tendance à reculer.
NB
