
Les fermetures d’espaces aériens mettent en lumière la puissance – et la vulnérabilité – d’Emirates, Qatar Airways et Etihad Airways. Les trois géants du Golfe font face à une paralysie inédite : Qatar Airways a annulé ses vols au moins jusqu’à ce soir, tandis qu’Emirates et Etihad ne maintiennent qu’un nombre très limité d’opérations. L’impact est colossal. Emirates, première compagnie internationale au monde, assure 146 vols hebdomadaires vers le Royaume-Uni, dont de nombreuses liaisons en Airbus A380. Cette hyper connectivité a fait de la région un pilier du long-courrier mondial. Mais lorsque les hubs de Dubaï, Doha ou Abu Dhabi s’arrêtent, la connectivité globale se contracte aussitôt. Contrairement aux transporteurs européens ou asiatiques, les compagnies du Golfe, situées au cœur des tensions actuelles, ne peuvent contourner la zone. Leurs hubs – parmi les plus fréquentés au monde – dépendent de couloirs aériens au-dessus de l’Iran ou de l’Irak. À Doha, plus de 75% des 54,3 millions de passagers annuels sont en correspondance. Cette crise diffère du covid : la demande et les avions sont là, mais c’est l’infrastructure invisible, la sécurité de l’espace aérien régional, qui fait défaut.
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