
« Je ne suis pas payé pour faire ce genre de paris », avait répondu Ed Bastian, DG de Delta Air Lines, lorsqu’on lui avait demandé il y a dix ans s’il envisagerait de se couvrir contre les fluctuations des prix du pétrole. Ses propos reflètent l’opinion des quatre principaux transporteurs américains (American Airlines, United, Southwest et Delta), selon qui le coût de la couverture est trop élevé pour que cela en vaille la peine. La guerre en Iran met cette théorie à rude épreuve. Le prix moyen mondial du kérosène a bondi de 58,4% en une semaine pour atteindre 157,41 dollars le baril, tandis que le Brent a dépassé les 100 dollars. American Airlines, United, Southwest et Delta pourraient devoir débourser 11 milliards de dollars supplémentaires cette année. Les compagnies européennes restent fortement exposées, car 25 à 30% de leur carburant provient du Golfe, mais certaines sont mieux protégées grâce à des stratégies de couverture. La crise est aggravée par la baisse de la demande et les restrictions d’espace aérien au Moyen-Orient, qui obligent certaines compagnies à allonger leurs routes, augmentant encore les coûts. Face à cette double pression, plusieurs transporteurs, dont Cathay Pacific, Qantas et Air France-KLM, ont déjà relevé leurs tarifs et leurs surcharges carburant. Autre enjeu pour les compagnies : les flux touristiques évoluent également. Les voyageurs qui se rendaient au Moyen-Orient en quête de soleil se rabattent maintenant sur les Caraïbes, qui connaissent donc un regain d’intérêt, tout comme le Maroc, la Zambie ou l’Afrique du Sud. Aux compagnies (et aux professionnels du tourisme) de s’adapter, encore une fois.
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