
Jour : 6 mars 2026
L’État belge n’est pas « une agence de voyages »

Face aux critiques sur les conditions de rapatriement depuis les Émirats arabes unis, le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a rappelé que « la vocation du gouvernement belge n’est pas de se substituer à une agence de voyages, mais de pouvoir sauver des vies en mettant les gens dans un endroit sûr ». Bruxelles va organiser l’évacuation de ses ressortissants via des vols affrétés depuis Oman, les voyageurs étant acheminés en bus depuis Dubaï en raison des restrictions de l’espace aérien régional. Certains expatriés ont dénoncé un dispositif jugé éprouvant et coûteux, le billet étant facturé environ 600 euros. Le gouvernement belge souligne que ce tarif correspond à la moitié d’un billet commercial et qu’il est comparable à ceux appliqués par d’autres pays européens. Et le tout, sans frais de services.
LG
Entre bombes et fiscalité, l’étrange ballet des jets vers Dubaï

Des résidents fortunés de Dubaï bloqués à l’étranger en raison de la guerre en Iran cherchent à rentrer d’urgence dans l’émirat afin d’éviter des conséquences fiscales potentiellement lourdes. Selon plusieurs avocats et acteurs du secteur du voyage, certains envisagent même de louer des jets privés pour rejoindre la région et conserver leur statut fiscal avantageux aux Emirats arabes unis, où les particuliers ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu. La résidence fiscale émirienne exige généralement 183 jours de présence sur douze mois, ou au moins 90 jours pour certains détenteurs de visa. La guerre perturbe la mobilité d’une population habituée à circuler librement entre plusieurs pays. Les cabinets d’avocats basés à Dubaï, comme Taylor Wessing ou Withers, confirment recevoir des consultations discrètes sur les conséquences d’un séjour prolongé à l’étranger. Le risque est double : ne pas atteindre le seuil requis pour la résidence fiscale aux Émirats et, à l’inverse, passer trop de temps à l’étranger et y devenir imposable. D’après Charles Robinson, fondateur de la plateforme de location de jets privés EnterJet, plusieurs demandes de vols ont été enregistrées de la part de personnes devant compléter le nombre minimal de jours passés dans l’émirat pour préserver leur résidence fiscale. Dans certains cas, le coût d’un jet privé reste inférieur à la facture fiscale encourue en cas de perte de ce statut. L’appât du gain rend courageux.
NB
Voyage : les assurances débordées d’appels, mais la guerre reste exclue des contrats

Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient samedi, les assureurs constatent une hausse des demandes de voyageurs français bloqués dans les pays du Golfe. Mondial Assistance évoque une hausse d’environ 20% des appels, tandis que Mutuaide indique avoir reçu trois fois plus de sollicitations que d’habitude dimanche, essentiellement de la part de clients inquiets ou confrontés à des perturbations de transport. Les assureurs peuvent toutefois surtout informer et orienter leurs clients. Les assurances voyage excluent en effet presque systématiquement les risques liés aux conflits armés, conformément au Code des assurances. Dans ces situations, les opérations de rapatriement relèvent principalement des autorités publiques et des dispositifs consulaires. « Les conflits armés, les guerres sont exclues de base de la quasi-totalité des contrats d’assurance, confirme le directeur général de France Assureurs, Paul Esmein. C’est pour protéger le système (…) pour éviter qu’il y ait des risques de nature systémique qui fragilisent le système et qui empêchent finalement les assureurs de fonctionner. » Leur métier est « d’indemniser les sinistres courants », explique-t-il. On les félicite de savoir si bien se prémunir. Un travail de professionnels.
LG
Iata : une fraude mondiale vise les agences de voyages

La World travel agents associations alliance (WTAAA) met en garde les agences de voyages contre une fraude sophistiquée exploitant des numéros d’accréditation Iata. Le stratagème consiste à utiliser ces identifiants, sans autorisation, pour obtenir l’accès NDC des compagnies aériennes et émettre ensuite des billets frauduleux. Plusieurs incidents confirmés ont été signalés dans le monde, notamment en Amérique du Nord et du Sud, tandis que d’autres tentatives ont été détectées ailleurs. Les fraudeurs utilisent des domaines de messagerie falsifiés, très proches de ceux d’agences légitimes, afin de demander un accès aux plateformes NDC ou aux portails agents des compagnies. En présentant un numéro d’accréditation Iata valide et une identité crédible mais usurpée, ils parviennent parfois à obtenir l’autorisation d’émettre des billets à l’insu des agences concernées. Une fois l’accès obtenu, les billets sont émis en série à l’aide de cartes de crédit volées. Les agences légitimes découvrent généralement la fraude lors des notifications de rejet de paiement, lorsque les montants sont déjà conséquents. Dans un cas confirmé, les émissions frauduleuses ont dépassé 350.000 dollars. Prudence donc : dans l’écosystème NDC, tout le monde n’est pas toujours celui qu’il prétend être.
NB
