
La Grèce a accueilli près de 38 millions de touristes internationaux en 2025, un nouveau record (+5,6%), pour 23,6 milliards d’euros de recettes (+9,4%). Le tourisme pèserait désormais environ 30% du PIB et emploierait près de 15% des salariés, contre 6% au début de la crise en 2009. Rarement une économie européenne aura à ce point capitalisé sur son attractivité. Mais le succès commence à inquiéter. Plusieurs économistes évoquent une dépendance excessive, voire une spécialisation risquée. La productivité du travail reste parmi les plus faibles de l’Union européenne et a reculé depuis la crise financière. Dans certaines régions très touristiques, la montée en puissance de l’hôtellerie, de la restauration et de l’immobilier a marginalisé l’agriculture et l’industrie. Sur le terrain, les tensions s’accumulent : flambée des loyers à Athènes (+50% entre 2019 et 2024), conditions de travail exigeantes dans les îles, pression croissante sur les infrastructures. Le gouvernement a tenté quelques ajustements – encadrement des locations de courte durée dans le centre d’Athènes, taxe de 20 euros par passager de croisière à Santorin et Mykonos – sans remettre en cause la trajectoire globale. Le pays cherche désormais à allonger les saisons et à mieux répartir les flux vers le nord et l’intérieur des terres. Reste une question stratégique pour les professionnels : comment préserver la compétitivité sans transformer la destination en monoculture économique ? Ne vivre que du tourisme a ses limites. Un virus apparu en 2020 l’a brutalement rappelé.
LG
