
Après l’accalmie des tensions géopolitiques, le Groenland se reconcentre sur un autre défi majeur : l’explosion du tourisme amorcée l’été dernier. La saison 2026 s’annonce encore plus dynamique avec la reprise anticipée des vols directs d’United Airlines depuis l’aéroport de Newark, dès le mois de mai. Le pays mise aussi sur de nouvelles infrastructures, avec l’ouverture prochaine d’un aéroport régional à Qaqortoq et, à l’automne, d’un aéroport transatlantique à Ilulissat, porte d’entrée vers la baie de Disko. Objectif : élargir les flux touristiques au-delà de la capitale, Nuuk. Mais cette montée en puissance se heurte à une réalité coûteuse et logistique complexe. L’isolement extrême du territoire oblige à importer presque tous les biens, faisant flamber les prix, du café aux nuitées hôtelières. Les séjours dans les zones sauvages atteignent rapidement des sommets, notamment dans les campements isolés le long des fjords et du cercle polaire. L’engouement des premiers aventuriers a déjà laissé place aux frustrations liées aux retards, aux annulations et à une météo capricieuse. Pour Tom Marchant, cofondateur de l’agence américaine Black Tomato, ces désagréments font partie intégrante de l’exploration d’une destination encore en rodage. Reste que le manque d’hébergements et de main-d’œuvre locale freine le développement, avec des projets hôteliers majeurs repoussés à l’horizon 2030. Après les fanfaronnades de Trump autour de l’annexion du Groenland, le développement touristique de l’île est un nouveau un sujet brûlant. A ce rythme, la banquise ne tiendra pas.
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