
À Oplontis, près de Pompéi, les visiteurs peuvent désormais assister en direct aux fouilles de la villa de Poppée, vaste demeure attribuée à la seconde épouse de l’empereur Néron, ensevelie lors de l’éruption du Vésuve en 79 apr. J.-C. La villa voit certaines zones de fouilles rouvrir au public chaque jeudi, par groupes limités, au cœur même du chantier archéologique. Les dernières découvertes concernent la partie la plus ancienne de la résidence, datant du Ier siècle av. J.-C., où des fresques aux couleurs exceptionnellement bien conservées refont surface. Parmi elles, une frise ornée de paons – animal sacré de Junon – fait écho à des motifs déjà mis au jour, confirmant la richesse iconographique et symbolique du lieu. Les archéologues soulignent également l’usage de pigments rares et coûteux, comme le cinabre ou le bleu égyptien, témoins du rang social des propriétaires et des réseaux commerciaux antiques. Seule la moitié environ de la villa aurait été fouillée à ce stade. Ses limites exactes restent inconnues. Et cette fois, il ne s’agit plus d’éruption mais d’irruption – celle des visiteurs, bien plus maîtrisée qu’une coulée de lave.
LG
