
Arrivé avec discrétion sur le marché français, ce belge au sourire constant est devenu au fil des années une figure reconnue du secteur. Patrick J. Pourbaix accompagne avec exigence et constance le développement de MSC Croisières en France et au Benelux, ainsi que celui de sa marque haut de gamme, Explora Journeys. Engagé au-delà de son entreprise, vice-président des Entreprises du Voyage et membre du SETO, il défend avec conviction une croisière qu’il s’emploie, patiemment et passionnément, à réinstaller au rang qu’elle mérite.
J’aime👍
« Ce que j’aime, franchement, c’est l’évolution du regard des Français sur la croisière. Cela fait des décennies que je travaille dans ce secteur et je constate un vrai changement de mentalité. Pendant longtemps, la croisière a été le produit à abattre, critiqué sur tous les sujets. Aujourd’hui, les gens font davantage la part des choses.
Avec la multiplicité des canaux d’information, tout circule, le positif comme le négatif. Mais les Français ne sont pas naïfs. Ils commencent à comprendre la richesse du produit, sa segmentation, la diversité des offres. On ne parle plus « d’une » croisière comme d’un bloc uniforme, mais de plusieurs expériences, comme on le fait depuis toujours pour l’hôtellerie. Cela fait des années que nous expliquons cela. Voir que le message passe enfin, c’est très satisfaisant.
J’aime aussi, à titre plus personnel, cette phase de transmission. Je suis en fin de carrière et je considère comme un devoir de préparer l’avenir. Je veux que le jour où je quitterai MSC, tout fonctionne parfaitement. Je vois aujourd’hui des équipes renforcées, des compétences nouvelles, une entreprise qui passe à un stade de maturité après une croissance très rapide. C’est passionnant d’accompagner cette transformation d’une maison familiale devenue une grande entreprise respectée.
Enfin, même si c’est encore timide, je crois à un réveil de l’Europe. Le contexte géopolitique est compliqué, mais je reste optimiste : face aux secousses mondiales, l’idée de faire front commun progresse. »
Je n’aime pas👎
« Ce que je n’aime pas, c’est ce climat d’instabilité permanent. Le monde s’accélère et cela nourrit l’incertitude. On le ressent dans les comportements de réservation : davantage d’attentisme, des décisions prises plus tardivement.
Nous avons la chance, en croisière, de pouvoir déplacer nos navires. Mais notre terrain de jeu s’est réduit : plus de mer Rouge, plus de Saint-Pétersbourg, certaines zones sont devenues trop risquées. C’est dommage.
Je suis également préoccupé par la situation française. La question des dépenses publiques reste un sujet majeur et l’absence de décisions structurelles entretient le doute. Cette incertitude économique pèse forcément sur la confiance générale. »
OD
