
Après avoir longtemps visé le leadership mondial, l’Espagne commence à s’interroger sur les limites de son modèle. Le pays a accueilli 97 millions de visiteurs en 2025, mais la progression des arrivées s’est limitée à 2 %, contre plus de 10 % un an plus tôt. Le quotidien El Pais parle même d’un objectif des 100 millions désormais “vœu pieux”. Si les flux ralentissent, les recettes continuent de grimper fortement : entre janvier et novembre, les dépenses des touristes étrangers ont bondi de près de 7 %, à 126 milliards d’euros, bien au-delà de la France en valeur. Le gouvernement y voit la preuve d’une stratégie assumée visant à “privilégier la qualité à la quantité”, avec une offre plus durable, moins concentrée et moins saisonnière. La transition reste toutefois délicate : le tourisme représente environ 15 % du PIB espagnol. Pour Patrick Ballester, enseignant-chercheur en géographie et marketing du tourisme, spécialiste de l’Espagne. Madrid cherche avant tout à ajuster le modèle plutôt qu’à y renoncer, en attirant des clientèles plus dépensières et en rééquilibrant les flux. On oublie le slogan touristique de l’Espagne « Sol y Playa« et on se tourne vers celui qui est le plus dans l’air du temps, « Más que Mar« .
LG
