
Un tournant se profile dans la distribution ferroviaire en France. Les sénateurs ont adopté en commission un amendement visant à contraindre SNCF Connect à proposer à la vente les billets des concurrents de la société ferroviaire française, comme Renfe ou Trenitalia. Actuellement, la plateforme – qui capte jusqu’à 85 % du marché selon ses rivaux – ne référence pas ces opérateurs, pourtant bien présents sur le réseau français. Les nouveaux entrants dénoncent un verrou à la visibilité de leurs offres, quand la SNCF défend la liberté commerciale de sa filiale et la nécessité de préserver ses marges. En toile de fond : deux visions du rail qui s’affrontent, entre ouverture à la concurrence et modèle intégré. Le texte doit encore être examiné en séance publique, mais il pourrait rebattre les cartes de la distribution. En attendant, ce vote des sénateurs aurait fait dérailler Jean Castex, président de la SNCF. Fou furieux, selon des confidences, d’être contraint de transformer son outil de distribution en locomotive pour ses rivaux.
LG
