La guerre des réseaux, farce ou réalité ? Excellents papiers de mes bien chers (con)frères et sœurs de TourMaG ces derniers jours sur le sujet. Et, dans la foulée, protestations vigoureuses – et presque coordonnées – du côté des grands chefs distributeurs. Rigolo, franchement. Une guerre ? Quelle guerre ? Mais non voyons… Selectour, Manor, Cédiv, et même TourCom : tous amis pour la vie. Comme dans Les Bronzés, mais sans la raclette.
J’aime toujours ce moment délicieux où l’on nous explique, avec un sérieux imperturbable, que tout va très bien. Qu’il n’y a aucune tension. Aucun tirage de couverture. Aucun coup de coude discret sous la table. Bref, qu’on nous prend — au choix — pour des dindons ou des jambons. À la découpe, de préférence. Parce que, soyons honnêtes deux minutes : il y a bien un terrain d’entente entre tout ce petit monde. Un seul, mais solide : prendre le maximum de commission… et faire payer le maximum aux autres. Là, curieusement, plus de débat. L’union sacrée.
La vraie guerre, elle est ailleurs. Elle ne fait pas de communiqué, elle. Elle s’appelle chaos aérien, imprévus géopolitiques, crise soudaine – et elle cloue les touristes sur place sans prévenir.
Et dans ces moments-là ? Qui est sur le pont ?
Les voyagistes pour la majorité. Et, il faut bien le dire, certaines agences – pas toutes – qui se souviennent qu’elles ont aussi un métier, et accessoirement des clients. Rapatrier, gérer, rassurer, bricoler des solutions avec ce qu’il reste… souvent à perte, parfois à prix d’or.
Pendant ce temps, au sommet, on discute doctrine.
Le patron du SETO – texte de loi en main, Code du tourisme sous le bras – propose, presque naïvement, de partager les responsabilités. Et là… miracle d’unité. Tollé général côté distributeurs.
Avec, en première ligne, Laurent Abitbol.
Traduction libre : chacun sa croix, et surtout pas la mienne. On verra au cas par cas. Très au cas par cas. Extrêmement au cas par cas.
Il faut dire que le Code du tourisme, dans ces situations un peu bancales, reste, disons… interprétable. Une belle zone grise, comme on les aime quand les enjeux deviennent très concrets.
Moralité ? Même dans les meilleures familles – celles qui jurent leurs grands dieux qu’elles s’adorent -, dès qu’il est question d’argent, la paix devient une option. Et la guerre… une simple question de vocabulaire.
OD
