
Swiss pourrait-elle tourner le dos à Genève ? La filiale de Lufthansa, solidement ancrée à Zurich où elle concentre son réseau et plus de la moitié du marché, peine à s’imposer ailleurs. Elle s’est déjà retirée de Bâle-Mulhouse il y a onze ans et reste aujourd’hui marginale à Genève-Cointrin, dominé par easyJet avec 46% de parts de marché, contre seulement 12,5% pour Swiss. Surtout, la compagnie n’y a été rentable qu’une seule fois en 24 ans, en 2019, juste avant la pandémie. Face à cette situation, la direction du groupe met la pression : Swiss doit redevenir bénéficiaire à Genève d’ici la fin de l’année, faute de quoi des économies drastiques seront engagées, voire un retrait complet, comme à Bâle. Un premier signal est déjà donné avec une offre de vols réduite de 25% pour l’été 2026. Le paradoxe est de taille : Genève constitue un hub international majeur, siège de nombreuses organisations dont l’ONU, l’OMC et l’OMS. Pour Lufthansa, le choix est délicat : partir renforcerait encore Easyjet ; rester sans rentabilité entérinerait un échec. Quand on s’appelle Swiss, quitter Genève serait plus qu’une décision économique, un symbole.
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