
Les représentants de Union des aéroports français ont exprimé leurs inquiétudes face à l’impact du conflit au Moyen-Orient sur les coûts d’exploitation et, à terme, sur le trafic. En cause, le prix du kérosène, qui a doublé en quelques semaines. Une hausse brutale pour les compagnies aériennes, dont le carburant représente déjà jusqu’à 30 % des dépenses. Cette évolution pourrait entraîner des arbitrages rapides : réduction de certaines fréquences, voire fermeture de lignes devenues non rentables. La situation est d’autant plus sensible en France que le secteur souffre déjà d’un décrochage par rapport à ses voisins européens. L’Italie et l’Espagne ont largement dépassé leurs niveaux de trafic d’avant-crise, contrairement à l’Hexagone. Les professionnels pointent notamment la fiscalité, avec le triplement de la taxe sur les billets d’avion, qui pèserait sur l’attractivité du marché français. À ces tensions économiques s’ajoutent des inquiétudes opérationnelles. Les acteurs du secteur dénoncent une dégradation du contrôle aérien, source de retards, ainsi que les incertitudes entourant le déploiement du futur système européen de contrôle automatisé aux frontières (EES), susceptible de générer des perturbations supplémentaires dans les aéroports. C’est la goutte de kérosène qui fait déborder le vase.
LG
