
Dans le cadre du forum du Seto qui se tient en ce moment à Tétouan, au Maroc, Patrice Caradec, président depuis un an du syndicat des TO français, a bien endossé le costume de sa fonction. Il a fait le point sur la crise au Moyen-Orient et a indiqué que les rapatriements des clients du Seto devraient coûter au total « plus de 6 millions d’euros ». Il a félicité au passage les TO français pour leur réactivité pendant cette crise majeure dominée par la tâche complexe de trouver des avions pour rapatrier les clients. Il a ensuite épinglé les compagnies aériennes qui ont profité de la situation pour multiplier les prix des sièges « par 3, 4, 5 ou 6 ». Il a notamment évoqué les 1.700 clients français bloqués aux Maldives et indiqué que les prix des sièges pour les rapatrier fluctuaient entre 1.300 et 2.600 euros. « Certaines compagnies aériennes ont joué le jeu, d’autres moins… nous nous en souviendrons« , a-t-il commenté. Il a aussi critiqué le Quai d’Orsay qui a bien rapatrié des Français en trouvant des sièges à 800 euros, mais il s’agissait des voyageurs passés par Airbnb ou Booking.com, pas des clients des tour-opérateurs. Enfin, Patrice Caradec a déploré le manque de solidarité de certains distributeurs, rappelant pourtant que le code du tourisme prévoit que les frais de rapatriement doivent être partagés par les TO et les agents de voyages. « Aujourd’hui, ce sont les TO qui ont tout payé, a-t-il conclu, mais à la fin, on fera les comptes. » En conséquence, le sujet d’un fonds de garantie est revenu sur la table. Comme celui proposé par Boris Reibenberg (Xplorassur), qui rappelle avoir présenté un tel projet il y a une quinzaine d’années : « J’avais réuni une vingtaine de réseaux et de tour-opérateurs pour proposer la création d’un fonds de garantie. » Mais il n’y a pas eu de suite. Aujourd’hui, avec la répétition à l’envi des crises mondiales, le sujet est plus que jamais d’actualité.
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