En Allemagne, la puissante fédération d’automobilistes Adac s’étrangle devant la flambée des carburants et parle d’un Raketen-und-Federn-Effekt (effet fusée-plume). Quand le pétrole grimpe, les prix à la pompe décollent comme une fusée. Quand il baisse, ils redescendent avec la lenteur… d’une plume. D’autant plus étrange que selon l’Adac, l’Allemagne a vu ses tarifs augmenter bien plus vite que la moyenne européenne, ce qui amène l’Adac à parler d’escroquerie. L’industrie pétrolière s’en indigne, évidemment. Dans l’aérien aussi, la « surcharge carburant » a parfois suivi une logique bien connue : « fusée » quand le pétrole grimpe, « plume » quand il redescend… Entre l’été 2014 et le début de 2016, le prix du baril avait connu l’une des plus fortes chutes de l’histoire récente. Le Brent était passé d’environ 110 dollars à moins de 30 dollars, soit une baisse de près de 75%. Beaucoup s’attendaient alors à une baisse sensible du prix des billets d’avion. Mais certaines compagnies, comme British Airways, Lufthansa, Air France ou Emirates ont maintenu les surcharges carburant quelque temps avant de les intégrer dans une catégorie plus large et plus floue : la « surcharge transporteur ». Ici, plutôt que d’effet « plume », on peut parler d’un effet « marteau ».
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