
Créée presque par hasard, Flightradar24 est devenue en quelques années l’une des plateformes incontournables pour suivre l’activité aérienne mondiale, en particulier lors des crises. À l’origine, les entrepreneurs suédois Mikael Robertsson et Olov Lindberg avaient simplement ajouté un module de suivi des vols pour promouvoir leur comparateur de billets. Mais ce service a rapidement dépassé en popularité le site lui-même. La plateforme s’est véritablement imposée en 2010 lors de l’éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull, quand le nuage de cendres avait paralysé le trafic aérien européen : des millions d’internautes s’y étient connectés pour observer en temps réel les avions cloués au sol. Depuis, chaque crise aérienne majeure attire une audience massive, qu’il s’agisse de la disparition du vol MH370 de Malaysia Airlines en 2014, de l’effondrement du trafic pendant la pandémie en 2020 ou de certains événements politiques très médiatisés comme les déplacements d’Alexeï Navalny. Ces derniers jours encore, la guerre américano-israélienne contre l’Iran a provoqué un nouvel afflux d’utilisateurs. Avec la fermeture de larges portions de l’espace aérien au Moyen-Orient, les cartes de Flightradar24 ont révélé l’apparition de deux corridors étroits contournant la zone de conflit, l’un au nord via le Caucase, l’autre au sud via l’Égypte, l’Arabie saoudite et Oman. Aujourd’hui, la plateforme revendique plus de 1,5 million d’abonnés payants et près de 60 millions de visiteurs mensuels. Le pic d’audience reste toutefois… le transfert du cercueil de la reine Elizabeth II en 2022, suivi en direct par 4,8 millions d’internautes.
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