
Le secteur aérien, responsable de près de 3% des émissions mondiales de CO2, mise aujourd’hui largement sur les carburants non fossiles pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Les SAF actuels reposent essentiellement sur des huiles usagées ou de la biomasse, tandis que l’industrie espère à terme recourir à des carburants de synthèse produits à partir d’hydrogène ‘vert’ et de CO2 capté. Mais selon un rapport publié par Shift Project, en partenariat avec Aéro Décarbo, ces deux filières se heurtent à des limites physiques et logistiques majeures. Sur la base des scénarios de déploiement les plus ambitieux, le rapport estime que les émissions du transport aérien continueraient d’augmenter en moyenne de 3% par an entre 2025 et 2050, sous l’effet d’un trafic appelé à doubler pour atteindre 10 milliards de passagers dans vingt-cinq ans. Les deux organisations appellent donc à une phase de sobriété : pour rester compatible avec l’hypothèse d’un réchauffement limité à 1,7°C, le trafic mondial devrait reculer d’au moins 15 % d’ici cinq ans, revenant temporairement aux niveaux des années 2010. Une reprise progressive pourrait ensuite être envisagée, à mesure que les SAF se déploient et que les arbitrages d’usage sur la biomasse et l’électricité seront tranchés. Ce n’est pas tout à fait le chemin que l’on prend.
LG
