
« Cris, tambours et marches de guerre, envahissent toute la terre ». Si ma mémoire – étonnante par intermittence – ne me trompe pas, c’est le début d’une chanson de Julien Clerc, dont la voix s’apparente parfois à celle d’une chèvre enrhumée, et qui doit dater des années 70. Digression me direz-vous ? Pas tant que ça. Bruits de tambours, donc ? Plus ça va, plus j’entends des annonces non seulement belliqueuses mais franchement angoissantes. Réarmement, ce mot circule du nord au sud, de l’est à l’ouest de la planète, comme un vieux tube qu’on aurait préféré oublier. Bombardements sur des civils, Ukrainiens qui n’ont rien demandé à personne, c’est devenu la routine du matin, à l’heure où, dans nos contrées paisibles, on trempe sa tartine dans un café tiède pendant que les gamins râlent parce qu’il faut aller à l’école.
Bon, je ne vais pas vous faire un topo géopolitique, tout le monde a compris l’ambiance. Et pourtant, dans notre secteur à nous, le tourisme, tout continue comme si de rien n’était. Univairmer se casse la figure. Ce qui, entre nous soit dit, n’est pas une grande surprise – à croire qu’ils vendaient des billets pour le Titanic version low-cost. Le trafic aérien, lui, poursuit son expansion malgré les avertissements de Jean-Marc Jancovici (qui, pour rappel, prédit la fin du monde une fois par trimestre, avec ou sans slides). Les réseaux de distribution ne se plaignent pas. Trump continue à se prendre pour le clown mondial – avec option nez rouge permanent – et rêve désormais de s’emparer non seulement du Canada, mais aussi du Groenland. Tabernacle ! Heureusement, Jean-François Rial veut planter des milliards d’arbres. C’est beau. C’est noble. C’est vert. Bon, on espère juste qu’il a pensé à prendre une pelle. Bref, alors que le chaos s’organise doucement façon Ikea (on ne comprend rien, mais on le fait quand même), le tourisme, lui, se porte comme un charme. Laurent Abitbol n’envisage-t-il pas un nouveau rachat ? Les mauvaises langues diront que c’est compulsif, moi je dis : il aime les défis, c’est tout. Et puis il y a les voyous du métier – oui, vous avez bien lu -, ceux qui n’ont pas d’états d’âme, mais un portefeuille bien garni. Il y en a un qui se reconnaîtra, j’en suis sûr. En revanche, les vrais fondateurs, les vrais pros, eux, tiennent la baraque. Et ça, ça mérite au moins un clin d’œil. Aujourd’hui pourtant, ce n’est pas drôle. De Gaulle avait écrit Mémoires d’espoir. J’aimerais y croire. Mais malgré un esprit plutôt optimiste (et parfois un peu naïf), je crois qu’un petit anxiolytique ne me ferait pas de mal.
OD