Rien à faire : les professionnels du tourisme – et les agences de voyages en particulier – ne sont décidément pas aimés de nos politiques. Comme le chantait Brassens, « quand on est c…« , inutile d’en dire plus, tout le monde connaît la suite. Et manifestement, elle s’applique encore très bien à certains étages de l’administration. Car, sur le papier, la directive européenne sur les voyages à forfait est plutôt claire – et même relativement clémente – concernant la responsabilité des agences en cas d’incident pendant un séjour. Mais ça, c’est sans compter sur le génie français. Seule la France, championne du monde de la surtransposition, a jugé utile d’aller beaucoup plus loin. Résultat : un régime de responsabilité unique en Europe, aussi dissuasif qu’absurde. Et le Conseil d’État, imperturbable, d’expliquer que la France « a procédé à une exacte transposition et répond aux objectifs de la directive ». Magnifique. Circulez, il n’y a rien à comprendre. Comme le rappelle très justement LG dans son excellent article publié hier dans BTN (lire ici), la Cour de cassation a rendu, le 7 janvier 2026, un arrêt clé confirmant que les agences et tour-opérateurs sont responsables de plein droit de la bonne exécution d’un forfait. En clair : quoi qu’il arrive, c’est pour vous. Même quand ce n’est pas vraiment pour vous. Si ma mémoire est bonne, c’est Bruno Le Maire qui avait validé cette transposition, en totale indifférence vis-à-vis des professionnels concernés. Et en 2026, rassurez-vous : rien n’a changé. Ni la logique, ni le mépris. À ce stade, ce n’est plus de l’incompréhension européenne, c’est une tradition nationale. Et après, on s’étonne que les vocations se fassent rares.
OD
