
Visas délivrés en quelques minutes dans certaines ambassades, formalités accélérées à l’aéroport de Kaboul, laissez-passer internes obtenus rapidement : tout est fait pour projeter l’image d’un pays « sûr », selon les mots du porte-parole du ministère de la Culture, Qari Khubaid Ghufran. « Nous voulons que le monde sache que l’Afghanistan est sûr », assume-t-il, voyant dans le tourisme un outil d’influence diplomatique et un signal adressé aux investisseurs étrangers, alors que le PIB par habitant a reculé de 4% en 2025 et qu’un jeune sur quatre est au chômage, selon la Banque mondiale. Dans les faits, l’offre touristique reste embryonnaire : infrastructures quasi inexistantes, manque de personnel qualifié et absence de stratégie officielle de promotion. Les séjours sont aujourd’hui largement portés par des agences occidentales indépendantes et par des influenceurs sur les réseaux sociaux, dont les contenus, souvent dépolitisés, jouent un rôle clé dans l’émergence de cette demande. Cette tentative de normalisation se heurte toutefois à un obstacle majeur : la condition des femmes. Interdiction de voyager seules, accès très restreint à l’éducation et à l’emploi, critiques répétées de l’ONU sur un « apartheid de genre »… autant de facteurs qui limitent fortement l’attrait de la destination et il ne faut pas chercher longtemps pour trouver d’autres freins.
LG
