
C’est la plus grosse pagaille dans l’espace aérien mondial depuis la pandémie. Des centaines de milliers de passagers se trouvaient toujours bloqués, aujourd’hui, dans les aéroports du monde entier – conséquence des frappes menées par les États-Unis et Israël en Iran et de la riposte de Téhéran. Dès samedi, Israël, le Qatar, la Syrie, l’Iran, l’Irak, le Koweït et Bahreïn ont fermé leur espace aérien, paralysant un carrefour stratégique entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie. Les aéroports de Dubaï, Abu Dhabi et Doha ont suspendu leurs opérations, déclenchant un effet domino. Des milliers de vols ont été annulés par les grandes compagnies du Golfe – Emirates, Qatar Airways, Etihad Airways ou encore Flydubai – qui transportent ensemble près de 90.000 passagers par jour. Air France a annulé plusieurs vols vers Tel-Aviv, Beyrouth, Riyad et Dubaï et prolonge la suspension de ses dessertes jusqu’au 3 mars inclus. « Quelques milliers » de clients français sont actuellement bloqués non seulement dans le Golfe, mais aussi en Asie ou en Océanie, selon Patrice Caradec, président du Seto. Pour faire face à la situation et débloquer le trafic aérien mondial, les compagnies aériennes tentent de s’organiser en mettant en place des « ponts aériens » via des hubs alternatifs comme Istanbul, détaille Patrice Caradec. Pour les transporteurs du Golfe, très dépendants de leur rôle de hub, les conséquences pourraient être lourdes si la crise se prolonge. Marc Rochet, l’ancien patron d’Air Caraïbes, rappelle dans les colonnes du Monde qu’au-delà de cinq jours d’arrêt, plusieurs jours supplémentaires sont nécessaires pour redémarrer les opérations, maintenance comprise, avec un risque élevé de pertes commerciales. Côté voyagistes français, le Seto et les Entreprises du Voyage ont activé leurs cellules de crise pour assister et rapatrier les clients, saluant la solidarité entre tour-opérateurs et la coordination avec les compagnies aériennes, malgré des critiques sur le manque de sens commercial de certains transporteurs. Patrice Caradec, président du Seto, souligne « le remarquable travail de collaboration avec les EdV » et se dit « encore une fois épaté par la solidarité entre les TO pour se passer les bonnes infos et s’apporter le soutien dont on a tous besoin dans ces périodes ! Se sentir « ensemble » est primordial ». Reste l’inconnue majeure : la durée du conflit. Washington et Tel-Aviv ont prévenu que les opérations pourraient durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines.
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