
Dans le Colorado, plusieurs collectivités locales ont choisi de réorienter une partie substantielle des taxes sur l’hébergement touristique vers des besoins sociaux : logements, infrastructures, garde d’enfants. Au total, plus de 256 millions de dollars de recettes issues des taxes de séjour sont désormais partiellement détournés de la promotion touristique classique. Autrement dit, moins d’argent pour attirer les visiteurs, plus pour soutenir les communautés locales. L’intention peut sembler vertueuse. Les stations de montagne font face à une flambée des prix immobiliers et à une pénurie de main-d’œuvre. Mais pour les professionnels du secteur, le paradoxe est évident : si l’on investit moins dans la visibilité des destinations, on risque d’attirer moins de visiteurs… et donc de générer moins de recettes. Dans un environnement où les coûts de séjour augmentent déjà, la compétitivité devient fragile. Le tourisme se retrouve ainsi pris entre deux impératifs : financer le développement local et préserver son attractivité internationale. L’éternel dilemme cornélien.
OD
