
Les stations de ski américaines subissent de plein fouet le recul des visiteurs canadiens, traditionnellement premier contingent de touristes internationaux aux États-Unis. En toile de fond, un mouvement de boycott lié à la rhétorique impérialiste du président américain, qui incite de nombreux Canadiens à renoncer à leurs séjours hivernaux au sud de la frontière. Symbole de cette dépendance, la station de Jay Peak, dans le Vermont, tire habituellement plus de la moitié de ses bénéfices des visiteurs québécois. Or, à l’approche de la saison 2025-2026, le renouvellement des abonnements canadiens y a chuté de 35%. Son directeur général, Steve Wright, a personnellement contacté une centaine de clients fidèles pour comprendre cette défection. Beaucoup lui ont confié, parfois avec émotion, leur incapacité morale à voyager aux États-Unis dans le contexte politique actuel. Cette tendance dépasse largement le Vermont et touche de nombreuses stations, du Montana au Maine. Face à cette désaffection, les exploitants redoublent d’efforts pour séduire leur clientèle du Nord : promotions renforcées, acceptation du dollar canadien à parité avec le dollar américain et communication en français. Malgré ces initiatives, la fréquentation continue de reculer. Selon le cabinet Inntopia, au 22 janvier, les réservations canadiennes pour l’hiver affichaient une baisse d’environ 41%, contre seulement 5% pour les touristes américains.
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