
La guerre déclenchée en Iran a entraîné la fermeture de nombreux espaces aériens au Moyen-Orient (Israël, Syrie, Irak, Iran, nord de l’Arabie saoudite, Koweït, Qatar, Bahreïn et parfois les Émirats arabes unis) compliquant fortement les liaisons entre l’Europe et l’Asie. Cette situation s’ajoute à l’interdiction de survol de la Russie et de l’Ukraine depuis le début de la guerre en Ukraine il y a plus de quatre ans. Pour rejoindre l’Asie, les compagnies aériennes ne disposent désormais que de deux couloirs étroits : l’un passant par la Turquie, l’Azerbaïdjan et l’Afghanistan, l’autre au sud via l’Égypte, l’Arabie saoudite, Oman et l’Inde. Selon le PDG de Lufthansa, Carsten Spohr, aucune alternative sûre n’existe aujourd’hui et une fermeture de ces routes pourrait rendre l’Asie inaccessible. Ces itinéraires, matérialisés par des routes aériennes étroites comme la M747 ou la N701, traversent des régions instables et imposent une navigation très contrainte. Les équipages doivent éviter l’espace aérien russe et composer avec des marges réduites pour contourner les orages ou les zones sensibles. Une grande partie du trafic vers l’Inde ou Singapour passe désormais par l’Afghanistan, dont l’espace aérien n’est pas contrôlé. Les avions doivent y voler à plus de 9.700 mètres et maintenir dix minutes de distance entre eux. Avec seulement trois couloirs disponibles et des tensions régionales persistantes, le trafic y devient rapidement congestionné. Ensuite, sur la route de l’Asie, il faut survoler le Pakistan. Ce pays est en conflit avec son voisin indien, raison pour laquelle les avions indiens n’ont pas le droit de survoler son espace aérien. Cela engendre encore plus de congestion aux autres points de passage stratégiques. Faire de grands zigzags dans le ciel au prix actuel du carburant ne devrait pas favoriser une baisse du prix des billets d’avion.
NB
